lundi 24 avril 2017

Institut TransMedTech, un nouveau laboratoire en génie biomédical et technologies médicales

Alors que je vous parlais un peu plus tôt des récentes nouvelles concernant les traumatismes vertébraux à propos des tiges flexible, un nouveau laboratoire en génie biomédical et technologies médicales, l'Institut TransMedTech, voit le jour au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine.

Qualifié de «laboratoire vivant», cet écosystème d’innovation ouverte transdisciplinaire et intersectoriel s'orientera vers le développement des prochaines générations de technologies médicales. Plus concrètement,  à l'aide de financement d'un 95 millions de dollars, soit près de 35 millions d’un fonds de recherche fédéral et  de 7 millions du gouvernement du Québec, l’Institut, dirigé par Carl-Éric Aubin, professeur titulaire en génie mécanique à Polytechnique Montréal et chercheur au CHU Sainte-Justine, rassemblera des ingénieurs, des équipes scientifiques interdisciplinaires du domaine biomédical, des cliniciens, des administrateurs et responsables de l’implémentation des nouvelles technologies du réseau de la santé, des industriels, des étudiants ainsi que des patients.

L'Institut TransMedTech ciblera en priorité les maladies musculosquelettiques et cardiovasculaires, ainsi que les cancers, trois domaines représentant des défis importants de la médecine compte tenu du vieillissement de la population et de la complexité des maladies associées.

jeudi 20 avril 2017

Où se situe l'attente à l'urgence?



Mes parents sont tous les deux passés par l'urgence avant leur grand départ. La rapidité à laquelle ils ont reçu les soins est tellement différente de ce qui est véhiculé par les médias que j'ai cherché à comprendre pourquoi le tableau véhiculé par les médias est souvent plus sombre que la réalité.

Rappelons premièrement le processus de triage. Selon le CHU de Québec–Université Laval, le système de triage suit ce modèle

La Priorité 1 (P1) regroupe les personnes dont l’état de santé requiert une intervention immédiate par l’équipe soignante en place, car leur état peut entraîner la mort ou des dommages importants.

La Priorité 2 (P2) regroupe les personnes nécessitant des soins immédiats qui doivent être vues rapidement par un médecin car leur état de santé représente une menace potentielle pour leur vie.

La Priorité 3 (P3) regroupe les personnes ayant besoin d’être vues par un médecin car leur état de santé pourrait s’aggraver.

La Priorité 4 (P4) regroupe les personnes qui doivent être vues par un médecin car leur état présente un potentiel de complications, sans que le temps ne constitue un facteur critique.

La Priorité 5 (P5) regroupe les personnes présentant des conditions qui peuvent être aiguës mais non urgentes ou qui peuvent résulter d’un problème chronique sans signe de détérioration.

Selon un document produit par le Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides, les Priorités 4 et 5 sont des cas où l’investigation et les interventions peuvent être retardées ou même référées ailleurs qu’à l’urgence.


Le réel problème, selon le tableau reproduit avec l'aimable autorisation de Dr. Mathieu Bernier. se situerait durant l'attente après le triage. Or, il semblerait qu'on aborderait plutôt le séjour total à l'urgence, de l'arrivée au départ, et non la durée d'attente lorsqu'on parle du délai. Ainsi, un patient pourrait attendre 2 heures pour voir le médecin, puis être en observation pendant 10 heures pour divers tests. Le délai serait donc de 2 heures et non 12 heures au total. Le patient serait donc évalué et le délai qui suit reposerait davantage sur le temps nécessaire pour avoir le résultat des tests.

Aussi, tel qu'on m'expliquait, une grande partie du travail d'un médecin d'urgence consiste à échanger avec des consultants, des infirmières, des inhalothérapeutes, des ambulanciers, pour ne nommer que ceux-ci. Et finalement, lorsqu'un problème urgent se présente au triage, le patient est souvent rendu en observation sur une civière. L'observation est souvent définie comme étant l'attente à l'urgence alors qu'elle ferait partie des soins.

Le tableau méritait d'être partagé et connu. On comprend un peu mieux le principe de l'urgence, évitant ainsi des jugements rapides.

mardi 18 avril 2017

Applications mobiles pour la gestion de médicament

Je suis toujours un peu sceptique concernant l'information dénichée sur internet. La famille du côté de ma mère provient du milieu de la santé. Autant mes tantes infirmières que mes oncles médecins préféraient s'abstenir de se prononcer sans avoir eu le portrait global de la situation, ou du moins le dossier sous les yeux. Pour avoir accompagné mes parents à l'hôpital jusqu'à la fin, il est préférable de questionner le personne affecté au dossier que de s'informer à gauche et à droite avec des informations dénichées, souvent peu pertinentes. Ceci dit, 2 applications provenant de sources fiables ont attiré mon attention. Autant utiles pour les patients que pour les aidants naturels.


Monpharmacien.ca


Créée par l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), l'application propose des fonctionnalités pratiques telles que l'alerte pour la prise de médicaments, suivi du traitement des proches, contre-indications, renouvellements ou encore localisation de la pharmacie la plus près de l'utilisateur. Accessible sur la plate-forme Apple, pour les iPad, iPhone et iPod, l'application est disponible en français et en anglais.










Question pour un pharmacien 


Développé par Alexandre Chagnon, un pharmacien exerçant au CIUSS de l’Estrie – CHUS à Granby et en milieu communautaire, ce site sécurisé permet aux ude poser utilisateurs de se renseigner auprès d'un pharmacien. L’algorithme du site identifie les pharmaciens à proximité du lieu de résidence de l'utilisateur. Il suffit poser la question en fournissant les informations nécessaires à l’analyse de la situation de l'utilisateur. Plusieurs pharmaciens près du lieu de résidence reçoivent la question, qui est répondue par courriel par la suite. Le service confidentiel promet une réponse en moins de 24 heures.



mardi 11 avril 2017

Les super-cliniques, oui mais..

Dans la foulée de la restructuration du système de santé, les ministres Barrette et Fournier annonçaient l'implantation de trois nouvelles super-cliniques sur le territoire du CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal. Si on peut louer les efforts du ministre d'améliorer le système de santé, on peut toutefois se questionner sur les objectifs atteints. Le plan mis en place par le ministre Barrette a désorganisé les hôpitaux et la médecine familiale, au profit d’une logique comptable électorale et d'investissements importants.

Ces grands changements ne sont pas sans rappeler ce qui se passe actuellement au Manitoba, surtout que le dernier budget déposé aujourd'hui (11 avril) n'annonçait aucun investissement majeur en santé. Penchons-nous sur la situation actuelle au Manitoba. Le Manitoba a embauché en novembre dernier,  le cabinet de conseil KPMG afin d'identifier les moyens d'éliminer le gaspillage dans le système de santé. Le gouvernement espérait du même coup rendre le système plus efficace et adaptable.Le ministre de la Santé Kelvin Goertzen avait alors souligné que la mission de KPMG était d'examiner toute une gamme de services afin de vérifier s'ils sont offerts à un coût raisonnable, s'ils produisent de bons résultats et s'ils répondent aux attentes.

Or, la restructuration dans les services de soins d'urgence à Winnipeg sème la confusion tant auprès de la population qu'auprès du personnel médical concerné, tel que rapporté par un responsable de services d'urgence. Vendredi  dernier, on annonçait la fermeture de salles d'urgence de trois hôpitaux à Winnipeg , soit Concordia, Seven Oaks et l’Hôpital général Victoria. Les services d’urgence de l’Hôpital Victoria et de l’Hôpital Seven Oaks seront convertis en centres de soins d’urgence médicale qui ne menacent pas la vie des patients.

Les compressions budgétaires ne font pas seulement des insatisfaits au Québec, le Manitoba qui a également procédé à des changements majeurs a provoqué également un haut taux d'insatisfaction. Les Manitobains n'approuvent pas les compressions en santé et en éducation du gouvernement progressiste-conservateur, selon le plus récent sondage de Mainstreet Research publié vendredi dernier. 61 % des personnes interrogées se disaient en désaccord avec la décision du gouvernement provincial de reporter le financement pour de nouveaux établissements en soins de santé.

Lancées en 2012 par l'ancien gouvernement néo-démocrate, les cliniques Quickare , étaient considérées comme une alternative rentable pour atténuer les urgences surpeuplées. Or, plus tôt cette semaine, le ministre de la Santé Kelvin Goertzen déclarait que la province étudiait les avantages de ce modèle de clinique.

 

lundi 10 avril 2017

Une clinique privée déclare faillite à Vancouver



Il est intéressant de comparer les systèmes de santé à travers le Canada pour avoir un peu plus de perspective sur le système de santé québécois. Le Vancouver Sun nous apprenait un peu plus tôt en soirée qu'une clinique privée déclarait faillite après 17 ans d'opération. Si nous en savons peu au niveau des investisseurs d'origine écossaise, nous savons qu'une partie des créanciers était composée des chirurgiens impayés.

La clinique était l'un des huit centres privés polyvalents du Lower Mainland, où les chirurgiens orthopédiques, plastiques et autres chirurgiens offraient une chirurgie accélérée à des tiers ou à des patients du privé désirant des opérations ne nécessitant qu'un séjour d'une nuit. Rappelons que les cliniques privées ne sont pas autorisées à garder les patients plus longtemps selon les règles provinciales.

Vancouver Coastal Health, responsables des services de soins de santé par le biais d'un réseau d'hôpitaux, de cliniques de soins primaires, de centres de santé communautaires et soutien à domicile, a confié à la clinique un total de 32 000 $ pour une gamme d'opérations au cours de la dernière année. Le montant total dû aux créanciers dépasserait de loin le total des actifs.

Cette nouvelle n'est pas sans rappeler le rapport intitulé Privatization & Declining Access to BC Seniors' Care, publié par le Centre canadien de politiques alternatives le 27 mars dernier, traçant un portrait peu reluisant de la privatisation des soins de santé.

Le rapport a révélé qu'au cours des 16 dernières années, le sous-financement, la privatisation et la fragmentation du système auraient laissé beaucoup d'aînés à l'écart. Selon le rapport, entre 2001 et 2016, la fermeture de 40 établissements de soins gérés administré par le public aurait entraîné une baisse des soins à domicile de 11% alors qu'à la même période, le secteur privé a augmenté de 42%. Les soins offerts par le privé serait généralement inférieur à ceux offerts par le public. L'auteur attribuait cette différence par le niveau de dotation du personnel. Selon l'auteur, plus le ratio de personnel et de patients est élevé, plus les soins sont satisfaisants. Le privé devant générer une marge de profits, il ne peut pas baisser la rémunération du personnel pour cause de compétitivité, la qualité des soins de première ligne serait donc principalement touchée.

Le rapport se terminait avec les 3 recommandations suivantes:

• «Arrêter de privatiser les services de soins à domicile et communautaires».

• «Améliorer l'accès aux services de soins à domicile et communautaires financés par des organismes publics et des organismes à but non lucratif».

• «Élaborer un encadrement de soins et un plan d'action à domicile et en milieu communautaire afin d'améliorer l'intégration de l'accès et des services»







dimanche 9 avril 2017

Bonne nouvelle pour les traumatismes vertébraux

Un projet de recherche dirigé par le professeur Vladimir Brailovski du Laboratoire sur les alliages à mémoire et systèmes intelligents (LAMSI), le professeur Yvan Petit du Laboratoire de recherche en imagerie et en orthopédie (LIO), tous deux du Département de génie mécanique de l’École de technologie supérieure (ÉTS) et le docteur Jean-Marc Mac Thiong, chirurgien orthopédiste de l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal ayant pour but de développer des implants vertébraux pouvant répondre aux problèmes observés pourrait avoir un impact sur les gens ayant subi des traumatismes vertébraux et médulaires. On estime ce nombre environ 7 000 patients affectés au cours des 10 dernières années au Québec. Bien que le nombre semble petit sur une longue période, rappelons que ces traumatismes ont un impact sur la qualité de vie des gens qui sont affectés au niveau fonctionnel par la suite.

Les opérations de fusion vertébrales sont couramment utilisées pour traiter des scolioses, des fractures, ou encore soulager des blessures à la moelle épinière. Afin de provoquer la fusion, le chirurgien orthopédique immobilise un segment de colonne en utilisant des tiges métalliques rigides faites de titane, de cobalt-chrome ou encore d’acier. Ces tiges sont fixées aux vertèbres au moyen de vis pédiculaires. On estime que la dégénérescence des segments adjacents concerne jusqu’à 40 % des patients opérés à l’aide d’instrumentations vertébrales postérieures causée par la grande rigidité des implants entrainant de fortes concentrations de contrainte aux extrémités de l’instrumentation.

Pour l’instant, on constate que sur une colonne vertébrale à laquelle on a implanté une tige, la flexion d’un segment révèle qu’il y a aucune mobilité et la mobilité est reprise par le segment adjacent à l’instrumentation. Le projet de recherche vise à développer une tige de métal super-élastique se pliant et reprenant sa forme grâce à un alliage nickel titane, auquel on applique un traitement thermique consistant à étirer la tige chauffée à l’aide d’un courant électrique en la plaçant entre 2 électrodes.

La tige super élastique permettrait d’augmenter la mobilité du niveau instrumenté pour une transition plus douce. Cette tige pourrait être déformée et puis pourrait reprendre sa forme comme si elle était en caoutchouc. Il serait même possible de décider de l’endroit où la tige serait flexible tout en restant rigide ailleurs.

Ces tiges super élastiques ont été testées à l’aide de flexion, de torsion et d’étirements, durant des mois. Les résultats sont concluants. Il ne manque qu’une machine permettant de le réaliser en salle d’opération, en un très bref laps de temps, un traitement thermique aux propriétés personnalisées.


Compléments d'information

Optimiser les implants vertébraux par modélisation

vendredi 7 avril 2017

Le projet-pilote Archimède est-il la solution?

Afin d'améliorer la qualité, la continuité et l'accessibilité des soins de santé de première ligne, le gouvernement du Québec annoncait le 6 avril, la mise en œuvre d'un projet-pilote d'organisation des soins en interdisciplinarité dans les groupes de médecine de famille (GMF). Le projet Archimède, initié par le GMF de la Clinique médicale Saint-Vallier, vise à augmenter la capacité de prise en charge de patients par des GMF, par une collaboration accrue des infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne, des infirmières et d'autres professionnels de la santé.

Cette annonce me rappelle les suggestions apportées en réponse à la Loi 20. Adoptée à l'automne 2015, la Loi favorisant l’accès aux services de médecine de famille et de médecine spécialisée fixait diverses cibles à atteindre au 31 décembre 2017, notamment celle concernant la proportion de Québécois qui ont un médecin de famille devant être augmentée à 85 % et prévoit des sanctions financières si les médecins n’atteignent pas des objectifs de productivité.

La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec a présenté quelques pistes de solution dans une capsule intitulée Traitement 20.  Parmi les solutions apportées, se retrouvaient quelques unes se rapprochant du projet-pilote Archimède, notamment les super cliniques. Ces cliniques regroupant des spécialistes permettraient de désengorger les urgences. Ainsi, on retrouverait dans ces cliniques de la radiologie, de l'échographie, des prises de sang ainsi que des spécialistes pouvant évaluer rapidement un patient. Une autre piste de solution suggérée était celle de la collaboration interprofessionnelle. Cette collaboration avec l'infirmière permettrait aux médecins de voir le double de patients. La prise des signes vitaux, counselling par l'infirmière permettrait aux médecins de voir les patients avec des troubles de santé plus aigus. Cette collaboration pourrait également se faire avec des travailleurs sociaux, des psychologues, des physiothérapeutes, des ergothérapeutes, à titre d'exemple.

L'annonce faite par le ministre Gaetan Barrette prévoit une réorganisation progressive des ressources prévoyant l'ajout  d'infirmières praticiennes spécialisées, ce nombre passera à trois avec le début du projet, jusqu'à cinq en 2021. Trois infirmières cliniciennes, une infirmière auxiliaire et de trois à quatre autres professionnels complémentaires seront aussi ajoutés à terme pour assurer certains suivis (par exemple dans les domaines de la nutrition, du travail social, de la kinésiologie, de la physiothérapie, de l'inhalothérapie, de l'ergothérapie, de la psychologie et de la pharmacie).

Ce projet-pilote bénéficiera d'un investissement de 3,5 millions $ sur cinq ans et permettra à terme d'atteindre 12 000 inscriptions, soit 4000 de plus d'ici 2021. Cette pratique axée sur le travail d'équipe et l'interdisciplinarité permettra l'accès adapté aux besoins des patients. Ainsi, la personne sera vue par le bon professionnel, en temps opportun.

mardi 4 avril 2017

L'Ontario améliore les soins aux patients grâce aux technologies de la santé

Nous apprenions cette semaine que l'Ontario s'engageait à financer 15 technologies de la santé novatrices par le truchement de subventions du nouveau Fonds des technologies de la santé (FTS), de quoi inspirer le ministre Barrette et le prochain budget. Le Dr Hoskins, ministre de la Santé et des Soins de longue durée, était au sommet Impact Health aujourd'hui afin d'annoncer les nouvelles technologies qui recevront une aide financière de la province.

Ces subventions font partie du plan d'action ontarien intitulé Priorité aux Patients : Plan d'action en matière de soins de santé,  ayant pour objectif d'offrir aux patients un accès plus rapide aux bons soins, à de meilleurs soins à domicile et en milieu communautaire ainsi qu'aux renseignements dont ils ont besoin pour rester en santé.

En 2016-2017, 5,4 millions de dollars seront distribués à 15 projets. Il s'agit des projets suivants :

1)    Planification intelligente pour réduire les temps d'attente pour les IRM et les tomodensitogrammes
Une plateforme de planification conviviale qui met en rapport les patients et les médecins avec les hôpitaux afin d'améliorer l'accès des patients à des rendez-vous pour des interventions médicales dont la demande est élevée.

  • Montant de la subvention : 100 000 $
2)    iUGO : Amélioration des soins aux diabétiques grâce au contrôle en temps réel
 Le diabète doit être contrôlé étroitement et cela peut représenter un défi pour les personnes vivant dans des régions éloignées. iUGO met en rapport les patients et leur équipe soignante en temps réel, leur permettant d'obtenir des soins à leur domicile.

  • Montant de la subvention : 100 000 $
3)    Mise en rapport des patients et des fournisseurs de soins au moyen d'une plateforme mobile
Cette plateforme mobile innovatrice met en contact les patients et les fournisseurs de soins de façon transparente. Les patients et les membres de la famille peuvent trouver des fournisseurs de soins en quelques clics, créant un milieu de soins axé sur les patients. La prise de rendez-vous, les soins continus, les directives sur les meilleures pratiques, la formation et la surveillance à distance à domicile sont gérés par le truchement de la plateforme.

  • Montant de la subvention : 100 000 $
4)    Diagnostic de l'Alzheimer grâce à l'analyse de la parole
Un outil d'évaluation de la parole sur tablette qui détecte et surveille la déficience cognitive, identifiant avec fiabilité la maladie d'Alzheimer, l'aphasie et la maladie de Parkinson. Dans les soins en établissement, cet outil peut aider à déterminer le moment de faire la transition vers un niveau de soins plus élevé.

  • Montant de la subvention : 94 836 $
5)    SMArTVIEW : Surveillance et autogestion des patients après une chirurgie cardiaque et vasculaire
Un logiciel précisément conçu pour aider les patients qui viennent de subir une chirurgie cardiaque et vasculaire importante à profiter d'une surveillance des signes vitaux à l'hôpital et à la maison. La technologie vise à prévenir les complications postopératoires sérieuses, notamment les infections et les caillots sanguins, et à réduire les visites à la salle des urgences après une intervention chirurgicale et les réadmissions à l'hôpital.

  • Montant de la subvention : 499 313 $
6)    Réseau de télépathologie pour améliorer le diagnostic et le traitement du cancer
Ce logiciel élimine le besoin pour le patient de se déplacer tout en aidant les pathologistes à faire leur travail plus rapidement et rigoureusement. La technologie Pathcore prend des lamelles de verre et les convertit en lamelles numériques qui peuvent être examinées, partagées et analysées partout au moyen de réseaux informatiques.

  • Montant de la subvention : 197 760 $
7)    MyTeam : Logiciel pour mettre en rapport les patients, les fournisseurs de soins et les médecins
Une application d'autogestion de la santé pour faciliter l'élaboration, la surveillance, la communication et l'amélioration collaboratives des plans de soins individualisés. Cela permet aux patients et aux fournisseurs d'élaborer des plans de soins intuitifs qui peuvent être suivis à la maison et évalués par leur médecin durant une consultation.

  • Montant de la subvention : 499 500 $
8)    MindMerge : Un portail destiné aux patients pour la survie au cancer du sein
Un nouveau modèle proposé par Action Cancer Ontario déplace les traitements de suivi des spécialistes vers les médecins de famille, ce qui est plus pratique pour les patients et moins coûteux pour le système de santé. Ce logiciel met en rapport les patients avec des médecins de famille afin d'amener les soins plus près du domicile. Les patients obtiennent automatiquement des renseignements sur les examens à venir, les rendez-vous et les recommandations en matière de traitement, et les médecins de famille peuvent consulter des spécialistes sur des questions liées aux soins.

  • Montant de la subvention : 500 000 $
9)    Nouvelle plateforme pour aider les patients ayant une lésion médullaire à obtenir un traitement coordonné à domicile
Au lieu de retourner à l'hôpital lorsqu'ils ont besoin d'aide, ce qui peut être difficile pour les patients, ils auront accès à des fournisseurs de soins de santé et à des services communautaires grâce à une plateforme vidéo Web et mobile.

  • Montant de la subvention : 424 638 $
10)    Coordination à distance des services de pharmacie pour les aînés
Un outil de communication et de documentation pour assurer la pertinence des médicaments lorsque les patients vulnérables passent de l'hôpital à un établissement de soins de longue durée. Le système favorise la collaboration efficace entre le pharmacien, le médecin et le personnel infirmier pour prévenir les erreurs liées aux médicaments.

  • Montant de la subvention : 476 348 $
11)    aTouchAway : Application pour tablette visant à mettre en contact les patients et les fournisseurs de soins
L'application offre des conférences vidéo à domicile pour améliorer l'expérience client. Grâce à l'application, les patients peuvent faire ou recevoir d'appels de leurs fournisseurs de soins, signaler des urgences, voir leurs rendez-vous et vérifier leurs médicaments. Les avantages comprennent une souplesse et une capacité accrues pour les coordonnateurs de soins pour aborder les besoins des clients avec diverses équipes de soins.

  • Montant de la subvention : 500 000 $
12)    Amélioration de la santé mentale en mettant en rapport la police et les services communautaires
Un logiciel pour faciliter l'évaluation, l'appréciation du risque et la gestion de cas des personnes présentant de graves troubles mentaux. Cela donnera aux patients l'accès aux services communautaires existants, à des agents de police, des fournisseurs de soins primaires et à des travailleurs communautaires pour prévenir les hospitalisations inappropriées et offrir les bons soins aux personnes en crise.

  • Montant de la subvention : 498 000 $
 13)    Logiciel pour fournir des outils d'autogestion de la santé aux jeunes ayant des problèmes de santé mentale
Cela favorisera l'éducation, la collaboration, la mobilisation, l'intervention et l'encadrement axé sur un but pour les jeunes adultes ayant des problèmes de santé mentale. La technologie sera accessible au moyen d'une application ou d'un ordinateur.

  • Montant de la subvention : 500 000 $
14)    Élaboration d'une stratégie de dépistage pour réduire les chutes chez les aînés
Les chutes sont responsables de 85 pour cent des hospitalisations d'aînés en raison de blessures. Une stratégie de dépistage élargi et d'identification plus précise sera examinée afin d'en déterminer le potentiel pour réduire l'incidence des chutes et les visites au service des urgences qui y sont associées, les hospitalisations et les coûts pour le système. L'identification proactive des aînés à risque de faire des chutes dans une collectivité donne des preuves pour appuyer la planification des interventions et les programmes ciblés de prévention des chutes.

  • Montant de la subvention : 500 000 $
15)    Surveillance à distance des patients afin de mieux prendre en charge la maladie pulmonaire obstructive chronique
Ce logiciel innovateur mesure les signes vitaux d'un patient, notamment la tension artérielle et la saturation en oxygène, et avertit automatiquement un fournisseur de soins de santé lorsqu'un changement survient. La trousse comprend une tablette Android personnalisée avec une connexion vidéo bidirectionnelle sécurisée entre le patient et un clinicien. L'équipement offre aux patients un accès à distance à des programmes de réadaptation pour mieux prendre eux-mêmes en charge leur état à la maison.

  • Montant de la subvention : 409 605 $



lundi 3 avril 2017

Le coût financier et social de la privatisation des soins de santé

Les réformes du système de santé amorcées par le ministre Gaétan Barrette au cours des dernières années laissent présager une éventuelle privatisation des soins de santé à moyen et à long terme. Le rapport intitulé Privatization & Declining Access to BC Seniors' Care, publié par le Centre canadien de politiques alternatives le 27 mars dernier, trace un portrait peu reluisant de la privatisation des soins de santé.

En 2001, la Colombie-Britannique occupait le deuxième rang au niveau des dépenses en soins de santé par habitant. En 2016, la Colombie-Britannique est tombée à la huitième place parmi les
dix provinces du Canada. Plus concrètement, la politique provinciale de privatisation des services de soins à domicile et communautaires pour les aînés a entraîné moins d'accès pour la clientèle nécessitant des soins.

Au cours des 16 dernières années, le sous-financement, la privatisation et la fragmentation du système ont laissé beaucoup d'aînés à l'écart. Selon le rapport, entre 2001 et 2016, la fermeture de 40 établissements de soins gérés administré par le public a entraîné une baisse des soins à domicile de 11% alors qu'à la même période, le secteur privé a augmenté de 42%. Andrew Longhurst, l'auteur du rapport, souligne également que la qualité de vie des aînés varie selon que l'établissement soit privé ou public. Les soins offerts par le privé serait généralement inférieur à ceux offerts par le public. Il explique cette différence par le niveau de dotation du personnel. Selon l'auteur, plus le ratio de personnel et de patients est élevé, plus les soins sont satisfaisants. Le privé devant générer une marge de profits, il ne peut pas baisser la rémunération du personnel pour cause de compétitivité, la qualité des soins de première ligne serait donc principalement touchée. Rappelons à cet effet que les hôpitaux privés à but lucratif dépensent plus du tiers de leur budget en administration (34 %) selon une étude américaine alors que la Régie de l’Assurance Maladie du Québec (RAMQ) gère pour 4 milliards$ de programmes avec des coûts administratifs de 2% du budget total.

Le manque d'accès à un large éventail de services pour les personnes âgées aurait des répercussions sur système de soins de santé utilisé par tous. L'auteur cite l'exemple de la démence présente chez les ainés. Ceux-ci sont soignés dans les hôpitaux qui ne sont souvent pas équipés pour faire face à leurs besoins complexes. Ils sont dans les hôpitaux car d'autres services moins coûteux, comme les soins à domicile et communautaires, ne sont pas disponibles. L'auteur mentionne également que les conséquences en aval de ne pas investir adéquatement dans le système de soins à domicile et en milieu communautaire entraînent comme conséquences des temps d'attente plus longs pour la chirurgie et un système plus coûteux pour tous parce que la population se situe dans la partie la plus onéreuse du système.

Le rapport se termine avec les 3 recommandations suivantes:

• «Arrêter de privatiser les services de soins à domicile et communautaires».

• «Améliorer l'accès aux services de soins à domicile et communautaires financés par des organismes publics et des organismes à but non lucratif».

• «Élaborer un encadrement de soins et un plan d'action à domicile et en milieu communautaire afin d'améliorer l'intégration de l'accès et des services»





mardi 28 mars 2017

Budget Québec 2017-2018 : Grandes lignes et grands oubliés en santé

Le Budget Québec 2017 présenté aujourd'hui annonce 632 millions de dollars de dépenses supplémentaires en santé. Il représente 36,7 milliards de dollars, soit une hausse de 4,2 % par rapport à l’an dernier et 51 % du budget total de dépenses. On prévoit une croissance de 3,8 % l'an prochain.

Le financement additionnel des établissements est de 328 millions

Une somme de 100 million est investie pour la réduction des délais d’attente dans les hôpitaux

69 millions seront investis pour le soutien à l’autonomie des personnes âgées

Les centres d’hébergement de soins de longue durée recevront 65 millions

49 millions iront aux services diagnostics et interventions chirurgicales

Alors que 29 millions iront au soutien aux personnes autistes

On retrouve peu de mesures concrètes visant l'amélioration la santé et la sécurité des personnes aînées. Rien n'est réglé concernant l'accès à un médecin, le soutien à domicile, la sécurité  dans les résidences d'aînés ou même les services de qualité dans un CHSLD. Rien n'est prévu concernant l'embauche supplémentaire de techniciennes en loisir, de techniciennes en éducation spécialisée, de physiothérapeutes et de nutritionnistes

Bien que de maigres sommes supplémentaires bonifiant la couverture de la ligne info-abus, aucun investissement concret n'a été prévu pour assurer la mise en œuvre du projet de loi 115 luttant contre la maltraitance envers les personnes aînées.

Rappelons en terminant qu'au cours des dernières années, le gouvernement libéral a procédé à plusieurs coupures dans le réseau de la santé et des services sociaux du Québec. Des services essentiels aux enfants, aux personnes âgées, aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale, notamment, ont été réduits au nom du déficit zéro. L'augmentation prévue de 4,2 % des dépenses en santé et services sociaux permettra-t-il  de compenser pour les ravages engendrés par l'austérité?

lundi 6 mars 2017

L'acharnement thérapeutique, l'aide médicale à mourir et la grande décision

Vous allez me dire que je mélange deux aspects en mettant l'acharnement thérapeutique et l'aide médicale à mourir dans le même panier. Pourtant, pour avoir accompagné mes parents jusqu'à la fin, à l'été 2016, je réalise que les deux domaines reposent sur la même base, soit celle de LA grande décision que l'on doit prendre. Au début de mes études en droit, j'avais fait un travail de recherche, dans le cadre d'un de mes cours, sur le suicide assisté. C'était bien avant que le projet de loi commence à se dessiner. Comme tout travail juridique l'exige, j'avais étudié les lois, la jurisprudence et la doctrine à ce sujet. J'arrivais à la conclusion que le choix reposait sur la personne et je voyais une ingérence de la part du législateur. Ca, c'était avant...alors que j'étais jeune, que mes parents étaient relativement en pleine santé.

Mon propos est plus nuancé maintenant. Ma mère est entrée à l'urgence cet été complètement malade. Histoire courte, une bactérie s'était logé dans son sang, les reins furent atteints. Il fallait se décider rapidement si la dialyse était envisagée. Elle ne voulait pas d'acharnement thérapeutique. L'état dans lequel elle est arrivée à l'urgence ne lui permettait pas de pouvoir s'exprimer, elle était vraiment malade. Un mois plus tard, mon père fut également hospitalisé pour une pneumonie par aspiration. Son état se dégradait mais il pouvait encore exprimer sa décision.

Pour ma mère, certains souhaitaient bien comprendre les enjeux, les options, les risques et les conséquences, d'autres étaient catégoriques, il fallait la laisser partir. Point. Suite au décès de ma mère, mon père n'était plus que l'ombre de lui-même, même avant son hospitalisation. Il souffrait de son absence. Lorsque son état s'est dégradé à l'hôpital, il a refusé l'option de gavage. Peut-être est-ce le fait que c'était le seul parent qui nous restait, certains souhaitaient que mon père revienne sur sa décision même si la suite n'était pas rose. Son état précaire et la présence potentielle de récidive du cancer ne lui permettaient pas de revenir chez lui, retrouver sa chère galerie.

L'été 2016 fut riche en enseignement., en observations, en réflexions et en questions. Jusqu'à quel point l'aide médicale à mourir n'est pas motivée/influencée par la crainte de devenir un fardeau pour les proches, par une économie des soins offerts? Jusqu'à quel point le consentement est-il libre et éclairé?

Je commence à peine à voir LA décision qu'on a du prendre pour ma mère comme étant la bonne. Ca m'a pris plusieurs mois, plusieurs lectures, plusieurs réflexions pour en arriver là. Je sais maintenant que mes opinions ne seront plus jamais aussi tranchées, tout n'est pas tout blanc ou tout noir.

dimanche 26 février 2017

Le médecin et l'art de vulgariser

Je voulais aborder cet aspect depuis longtemps. J'en avais brièvement parlé ici mais le sujet méritait d'être développé davantage. Il a été un élément marquant de l'hospitalisation de mes parents. C'est ce qui fait la différence entre un médecin et un bon médecin. Je fais suite ici au billet de Dr. Alain Vadeboncoeur,  Comprenez-vous bien le langage «docteur».

Je ne voudrais pas être médecin. Outre l'aspect émotif de son travail (il côtoie la mort, il fréquente une famille du patient, inquiète, nerveuse, il se tape leurs larmes et j'en passe), il doit surtout passer de notions ultra techniques, scientifiques à des notions simples. Il devient le traducteur, l'interprète, le vulgarisateur. C'est en observant les médecins de ma mère et de mon père que j'ai compris que cet art doit être maitrisé et ne l'est pas toujours.

J'aurais aimé que ma mère, fille de médecin, petite-fille de médecin, arrière-petite-fille de médecin comme elle le répétait si fièrement, soit suivie par les médecins de mon père. Autant l'urgentologue que le médecin en soins palliatifs en passant par le médecin généraliste ont réussi et maitrisé l'art de vulgariser, d'établir un pont entre leurs concepts médicaux et la compréhension de base du patient et la famille du patient. Quelle est la recette, vue de la famille du patient? La voici:

Compte tenu de la durée d'hospitalisation de mon père, j'ai surtout échangé avec le médecin généraliste, bien que l'urgentologue et l'autre qui le suivait en soins palliatifs ont réussi le même exploit.

Un bon médecin vulgarise et explique. Certains patients ou même les membres d'une famille ne proviennent pas d'un milieu scientifique. Il faut non seulement réaliser qu'ils ne comprennent pas tout mais surtout ne pas abandonner dès le départ en se disant qu'ils ne comprendront rien.

Peut-être est-ce le mélange de ma formation en administration des affaires et celle de juriste qui m'influence, mais j'aime bien qu'on me présente la situation telle qu'elle est, telle option, tel risque, etc.

Souvent le médecin peut avoir l'impression que la famille du patient, inquiète, ne retient que très peu d'information. Lorsque j'ai écrit sur les troubles de déglutition, je me suis souvenu de certaines notions expliquées par le médecin, plusieurs mois auparavant. On entend davantage qu'on le croit, je suis la première surprise.

J'ai beaucoup aimé une approche factuelle, rationnelle et cartésienne dans les explications, les interactions avec le médecin de mon père. L'approche n'était pas froide, loin de là, mais elle avait le mérite de répondre aux questions. Je souligne ici, au passage, la patience du médecin généraliste de mon père, qui, non seulement, a subi mes questions mais a eu la générosité de me donner un mini cours de médecine.

Une fois le choc du départ encaissé, je dois admettre que c'est probablement l'aspect le plus important de l'hospitalisation. Et je dois admettre que les médecins de mon père ont réussi l'exploit de me réconcilier avec les sciences. Grâce aux échanges durant l'hospitalisation de mes parents, j'ai repris goût à ce domaine...au point où je suis devenue membre de l'Association des communicateurs du Québec.

mercredi 18 janvier 2017

Les bienfaits insoupçonnés des visites aux patients

L'émission Médium large abordait, le 17 janvier dernier, le sujet des visites aux patients. Il semblerait la tendance soit à la prolongation des heures de visite entrainant ainsi des effets positifs ressentis autant par les médecins et le personnel soignant que par les patients et leurs proches.

Si on constate une réduction de l'utilisation des mesures de contention pour les patients et des chutes également, la circulation de l'information entre le personnel soignant et les médecins serait également améliorée. Paul Brunet, porte-parole du Conseil pour la protection des malades craint cependant que les autorités gouvernementales se servent de ces nouveaux éléments pour attirer la famille et remplacer le personnel qu'ils coupent.

J'ai accompagné mes parents à tous les jours à l'hôpital. Cependant, si vous me pardonnez la parenthèse, une visite élargie est également appréciée par le patient. Je me souviens de mon père, veuf depuis 1 mois, seul survivant de sa famille, n'avait que ses 4 enfants à titre de visiteurs. J'avais rejoint plusieurs personnes et j'ai pu remarquer l'effet positif de la visite d'un ancien confrère de classe et même d'un cousin par alliance éloigné sur son état. Lui apporter ses mots croisés de ses journaux à tous les jours n'arrivait pas à combler sa solitude.

Même un appel peut faire une différence. J'avais rejoint une amie de ma mère, une amitié de plus de 70 ans, pour lui annoncer l'état de santé de ma mère. M'informant qu'elle ne pouvait plus se déplacer, j'avais appelé de l'hôpital pour passer le combiné à ma mère. C'était définitivement le jour et la nuit. Je n'oublierai jamais le regard allumé de ma mère, 2 jours avant son départ.

Les visites à l'hôpital sont souvent perçues comme notre lien par rapport au patient. Pourtant, pour avoir accompagné mes parents, la véritable question n'est pas le deuil qu'on se fait avec le patient mais plutôt des derniers jours du patient et de sa possibilité de dire au revoir avant de quitter.

mardi 3 janvier 2017

Quoi surveiller dans le domaine de la santé en 2017?

J'écoutais la revue de l’année 2016 en politiques de la santé sur RDI avec Dr. Simon-Pierre Landry, omnipraticien et Chef du Département d'urgence de l'hôpital Laurentien et M. Pierre Blain du Regroupement provincial des comités d'usagers. Selon cette entrevue, plusieurs points sont à surveiller en 2017:

Entente entre le ministère de la Santé et des Services sociaux et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec

Selon cette entente signée en avril 2015 qui avait pour objectif l’amélioration de l’accès aux services médicaux de première ligne, 85 % de la population du Québec devrait être inscrite à un médecin de famille avec un taux d’assiduité de 80 % d'ici le 31 décembre 2017.  Or, le taux s'évalue à 73%, si je ne m'abuse, selon l'entrevue.

Frais accessoires

Outre le fait que les frais accessoires liés à des soins assurés par le régime d'assurance maladie du Québec sont abolis, la loi 92 a accordé de nouveaux pouvoirs à la RAMQ le 7 décembre dernier. Auparavant, la RAMQ pouvait seulement récupérer d’un médecin les frais qu’il avait perçus de façon non conforme à la suite d’une demande d’un patient. Depuis le 7 décembre, la RAMQ peut aussi réclamer à un médecin l’ensemble des montants perçus de façon non conforme auprès des personnes assurées, même en l’absence d’une demande d’un patient. Sauf la loi fut passée avant que les Fédérations et le ministre s'entendent sur ce qui était assuré ou non selon la Loi canadienne sur la santé.

Financement à l'activité et services en région

Le financement ne devrait pas être fait uniquement selon la demande mais également en fonction de la population vulnérable. Plus précisément, s'assurer que les régions aient droit aux mêmes services.

Urgence 

Le temps d'attente à l'urgence. Un investissement a été fait récemment. Cependant, comme l'expliquait Dr. Landry lors de la conférence organisée par le Groupe  Espace Santé, avec le vieillissement de la population, de plus en plus de personnes âgées sont admises à l'urgence. Leurs cas sont plus lourds et plus complexes à gérer. J'en parlais d'ailleurs le mois dernier ici

Projet de loi 130

Le 9 décembre dernier, le ministre Barrette déposait le projet de loi no 130, soit la Loi modifiant certaines dispositions relatives à l'organisation clinique et à la gestion des établissements de santé et de services sociaux. Avec ce projet de loi, le ministre limite l'autonomie des médecins et donne un peu plus de pouvoir aux directions des centres hospitaliers de punir les médecins dont la pratique ne répondrait pas aux besoins de l’établissement et à son fonctionnement optimal au jour le jour. La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) a mentionné dans un communiqué qu' elle en prendra connaissance des détails de ce projet de loi et réagira en temps et lieu.