mercredi 31 mai 2017

L'état actuel de la consultation médicale virtuelle

Une récente étude publiée par Inforoute portant sur l'utilisation des visites virtuelles (aussi appelées visites électroniques) en Colombie-Britannique présentait les résultats d'un sondage des patients et d'entretiens approfondis avec des médecins de soins primaires, en plus de décrire la valeur de ce service pour les patients et les points de vue des médecins qui en font usage. Cette pratique s'étend également au Nouveau-Brunswick. Notons en premier lieu qu'il existe deux modèles de pratique, soit les visites virtuelles offertes à des patients connus du professionnel ainsi que les visites en cliniques virtuelles, offertes à des patients inconnus (nouveaux).

Selon l'étude, 57 % des patients ont évité une visite en personne chez leur médecin ou à leur clinique habituels grâce aux visites virtuelles. Cette pratique aurait comme avantage d'éviter du temps en déplacement, une absence au travail ainsi que des frais de garde.

Or, si le concept semble idéal, son application s'avère nettement plus difficile. Selon les médecins interrogés durant l'étude, bien que les visites électroniques soient appelées à gagner en popularité, tant chez les patients que chez les médecins, il faut considérer les visites virtuelles comme
un complément à la pratique des soins primaires, mais non comme un remplacement des consultations en personne, qui sont au cœur de la relation patient - médecin.

Même son de cloche de la part du Collège des médecins du Québec. Ce dernier a publié, en 2015, un guide d’exercice sur la télémédecine. Tous les médecins qui traitent des patients au Québec doivent être inscrits au tableau de l'ordre du Collège des médecins même s'ils n'y sont pas physiquement. À titre d'exemple, citons le cas d'un médecin se trouvant en Californie/télémédecine à distance.

Tous les médecins qui pratiquent au Québec (que ce soit dans le secteur privé ou dans le secteur public) doivent respecter les obligations du Code de déontologie des médecins ainsi que les normes de bonne pratique en médecine. Le Collège rappelle que les mêmes normes déontologiques s’imposent aux médecins qui exercent par télémédecine, notamment en matière de qualité de la relation professionnelle, de secret professionnel, de consentement, d’obligation de suivi ou de tenue de dossiers dans la conduite d’une téléconsultation que lors d’une consultation en personne.

Le Collège des médecins n'est pas contre la télémédecine. Une consultation virtuelle peut être utile dans certaines circonstances. le guide cite notamment les circonstances acceptables de son utilisation:

  • donner ou confirmer un rendez-vous
  • recevoir ou transmettre des données de santé (glycémie, tension artérielle, présence ou absence d’effets indésirables)
  • donner des conseils généraux de santé
  • confirmer la réception d’un résultat de laboratoire, d’une consultation ou d’une imagerie et en assurer le suivi
  • effectuer le suivi et l’ajustement thérapeutique de maladies chroniques
  • transmettre certains résultats cliniques ou paracliniques.

Cependant la consultation médicale virtuelle comporte certaines limites et enjeux. Une consultation virtuelle, par exemple, ne remplace pas un examen physique. La technologie limite beaucoup les actions du médecin. Le Collège est donc d’avis qu’il faut être beaucoup plus prudent lorsque ni le médecin ni le patient ne se connaît. Une consultation virtuelle est davantage compliquée dans cette situation.

De plus, la sécurité et la confidentialité des informations du patient doivent être assurées. Il faut faire attention aux informations médicales qui ne sont pas toujours bien sécurisées sur les serveurs. Ces informations ne doivent pas non plus servir à des tiers. Rappelons en terminant que le médecin doit toujours faire un dossier médical.













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